Alors que Bécancour est le noyau du développement de la filière batterie au Québec, la Vallée-du-Richelieu n’est pas loin derrière.
Andréane Viau – Initiative de journalisme local
Avec l’arrivée de l’entreprise suédoise Northvolt sur un terrain qui chevauche les villes de McMasterville et de Saint-Basile-le-Grand, on parle de la Vallée plus que jamais. Et bien que Northvolt fasse couler énormément d’encre présentement, ce n’est que le début de cette nouvelle activité industrielle dans la région. Plusieurs autres entreprises ont choisi la Montérégie comme terre d’accueil, notamment Dana-TM4, Exprolink, Lithion et Volta Energy Solutions.
TVR9 est ainsi devenu un média incontournable pour rapporter les faits sur la filière batterie, principalement en raison de notre couverture extensive de Northvolt. Notre équipe s’est affairée à rencontrer les maires et mairesses, les citoyens, les entreprises et les organismes pour dresser un portrait complet de l’avancement de ce projet et de ses impacts sur la région.
La couverture de TVR9
Notre accès privilégié et notre position objective dans cette affaire nous ont permis d’observer différentes dynamiques et de contribuer à trouver des solutions. Tout d’abord, en début d’année, plusieurs citoyens et regroupements, dont le Comité Action Citoyenne : projet Northvolt, nous ont informé qu’ils n’avaient que très peu de réponses à leurs questions. L’annulation des deux séances d’information prévues en novembre 2023 par le gouvernement du Québec en a refroidi plus d’un. Ainsi, depuis l’automne, aucune nouvelle information n’a été communiquée aux citoyens, qui observaient le projet Northvolt avancer à vitesse grand V.
Devant ce désarroi, nous avons effectué une demande d’entrevue à l’entreprise suédoise, question de mettre quelques points sur les « i ». Northvolt a répondu rapidement et favorablement à notre demande. Ainsi, nous avons accueilli monsieur Laurent Therrien, directeur aux communications et affaires publiques chez Northvolt dans nos studios. Monsieur Therrien a été généreux de son temps et de ses réponses. Cette entrevue a démontré une grande ouverture de la part de l’entreprise envers les inquiétudes de la population. Le directeur, qui a avoué être conscient du manque de canaux de communication adéquat, a expliqué les différentes initiatives que Northvolt comptait mettre en place pour pallier la situation.
Ainsi, après cette entrevue, de nouvelles informations ont été rendues publiques et ont été partagées auprès du Comité Action Citoyenne, dont le groupe Facebook fusait de questions et de désinformation. En discutant avec les élus municipaux et même avec Northvolt, le consensus était qu’on ne peut pas en vouloir aux citoyens de se braquer derrière des informations alarmistes, frôlant la conspiration, car elles étaient les seules informations disponibles à ce moment, devant le silence du gouvernement du Québec.
La communication, un enjeu prioritaire
Oui, les municipalités transigeaient avec le ministère de l’Environnement pour l’obtention de permis pour faire avancer le dossier, mais outre ces interactions, tant Saint-Basile-le-Grand que McMasterville demeuraient sans réponse malgré l’affluence de questions des citoyens. Devant la grogne, le gouvernement a finalement décidé de remettre les deux séances d’information qui avaient été annulées à l’automne.
On se doit de créditer et de remercier la ville de Saint-Basile-le-Grand qui, après ses discussions avec le ministère de l’Environnement, a fortement suggéré à celui-ci de dialoguer avec les médias locaux, dont TVR9, pour en faire l'annonce. C’est à ce moment que nous avons reçu l’appel de l’attachée de presse du ministre Benoit Charette pour effectuer une entrevue.
S’il y a bien un parti parmi tous les acteurs qui composent le « projet » Northvolt qui était dans l’eau chaude, c’était le ministère de l’Environnement. Sans avoir les statistiques exactes, nous pouvons affirmer que 90% des questions et inquiétudes des citoyens de la Vallée-du-Richelieu ont trait à l’impact de la filière batterie et, par la bande, de Northvolt sur l’environnement.
Nous avons donc eu l’opportunité de nous entretenir avec le ministre de l’Environnement qui, malgré ses réponses « toutes faites » de politicien, a su nous éclairer sur plusieurs enjeux dénoncés, dont le BAPE. Ainsi, bien que peu satisfaisante pour ceux qui demandent le BAPE, cette entrevue a permis de mettre en contexte les décisions prises par le gouvernement du Québec avant l’arrivée de Northvolt sur la carte et d’expliquer pourquoi l’entreprise n’est pas soumise à cette démarche. Parmi les entrevues et les reportages que nous avons faits dans les trois derniers mois, celle-ci a obtenu le plus grand nombre de visionnements sur notre chaîne.
Nous avons pu capter les deux séances d’information organisées par le gouvernement du Québec, durant lesquelles des représentants de chaque ministère impliqué étaient présents. Les citoyens, principalement de McMasterville et de Saint-Basile-le-Grand, étaient au rendez-vous, bien que sur les talons. La tension était palpable. On pouvait ressentir le trop-plein créé par le silence du gouvernement au cours des derniers mois. Les gens voulaient des réponses et ils n’allaient donner aucune marge d’erreur aux représentants. Finalement, les questions quant à l’avenir du projet sont en majorité demeurées sans réponse. Même si Northvolt a une vision à long terme, le gouvernement ne s’implique que dans une phase à la fois. Ainsi, pour toutes les questions relatives à l’eau et la rivière Richelieu qui concernent la phase 3 du projet Northvolt, les représentants ne peuvent se prononcer, car ils n’ont aucune donnée sous la main sur lesquelles se baser. Oui, ils peuvent prévoir la suite, mais les détails restent à venir.
La population devra donc se rendre à l’évidence : l’incertitude qu’elle vit présentement se poursuivra fort probablement pour encore plusieurs années. Et TVR9 sera là pour, encore une fois, mettre en lumière les nouvelles informations disponibles dans ce dossier et permettre au plus grand nombre de s’informer.
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